ACTUALITÉS

Et si l’énergie solaire sauvait la planète ?

Selon une analyse du groupe de réflexion Ember, si l’énergie solaire et l’énergie éolienne poursuivent leur croissance, le secteur mondial de l’électricité sera en passe d’atteindre ses objectifs de réduction des émissions de carbone pour limiter le réchauffement climatique.

Selon une analyse d’Ember, un groupe de réflexion indépendant (“think thank”), si les énergies éolienne et solaire maintiennent un taux de croissance cumulé de 20 % sur les dix prochaines années, le secteur mondial de l’électricité a une chance d’atteindre les objectifs de décarbonisation nécessaires pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C.

En particulier, si la production d’électricité solaire se maintient au taux de croissance annuel affiché au cours des dix dernières années (c’est à dire près de 33 % par an) pendant dix ans encore, alors le solaire jouera sans aucun doute son rôle dans la réduction des émissions de CO2. Le rapport suggère d’ailleurs que l’énergie solaire ne devrait progresser “que” de 24 % sur la prochaine décennie pour remplir ses objectifs.

Le rapport indique que la production d’électricité solaire a augmenté de plus de 23 % l’année dernière et que la production éolienne a progressé de 14 %. Ensemble, les deux filières ont officiellement dépassé les 10 % de la production mondiale d’électricité l’année dernière et, combinées à d’autres sources d’électricité propres (comme le nucléaire et l’hydroélectricité pour citer les deux sources principalement évoquées), elles ont atteint les 38 %, dépassant ainsi la première source de production d’électricité au monde, le charbon (36 %).

À l’échelle mondiale, 50 pays couvrent désormais 10 % ou plus de leur demande d’électricité grâce à l’énergie éolienne et solaire. Trois pays ont largement dépassé cet objectif : le Danemark, le Luxembourg et l’Uruguay qui ont respectivement produit 52 %, 42 % et 47 % de leur électricité en utilisant uniquement l’énergie éolienne et solaire. Concernant l’énergie solaire seule, les pays affichant les plus haut taux de couverture sont le Yémen (environ 15%), le Chili (13%) et l’Australie (12%).

Mais les perspectives ne sont pas toutes réjouissantes. La consommation de charbon a augmenté l’année dernière en raison, notamment, de la croissance soutenue de la Chine, ainsi que de la reprise de l’économie mondiale et de la hausse de la demande d’électricité qui en a découlé. Dans l’absolu, l’augmentation de la demande mondiale d’électricité en 2021 a été la plus importante jamais enregistrée. Hélas, la croissance de l’énergie éolienne et solaire – également la plus importante jamais observée – n’a couvert que 29 % de la demande supplémentaire d’électricité.

Dans un document annexe, Climate Change 2022 : Mitigation of Climate Change, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié une étude indiquant que les énergies éolienne et solaire constituent les deux outils les moins coûteux pour réduire les émissions de CO2.

Le rapport du GIEC montre que, d’ici à 2030, l’énergie solaire et l’énergie éolienne pourraient chacune réduire les émissions de CO2 d’environ quatre gigatonnes par an – et même jusqu’à six gigatonnes dans les scénarios plus ambitieux. Les économies de carbone ainsi réalisées pourraient être équivalentes aux émissions évitées en mettant fin à la destruction des forêts. Le rapport suggère également que les coûts liés à l’économie de quatre gigatonnes d’émissions de CO2 obtenue (via la transition vers les énergies éoliennes et solaires combinées) seraient moins importants que ceux liés à l’énergie que nous payons aujourd’hui.

Le même rapport contient un graphique associant plusieurs éléments : les taux de croissance de diverses technologies propres en relation avec les baisses de coûts associées.

Nos autres actualités